17 avril 2007

De consommateur à créateur

La pensée de la semaine du Coach:
"Ce n'est pas en perfectionnant la chandelle qu'on découvre l'électricité."
-Jacques Salomé , psychologue, formateur et écrivain (1935-)
À la une du journal Le Devoir le samedi 14 avril, je lisais le grand titre "Einstein s'est-il trompé"?

Ce qui me faisait penser que notre présent est le résultat de notre façon d'observer et d'interpréter notre environnement, dans le sens large du terme.

Ce qu'on dénomme comme les "lois" de la physique, de la chimie, de la biologie, ce sont tous des modèles qui nous servent à comprendre notre situation et sur lesquelles nous pouvons nous baser pour "prédire" l'avenir. Et comme humains, être en mesure de prédire l'avenir, c'est rassurant. (Pourquoi MétéoMédia a-t-elle de si bonnes cotes d'écoute?)

Mais qu'arrive-t-il si une des lois que nous prenons pour acquises se trouve erronée?

Dans un passé pas si lointain, nous pensions que le Soleil tournait autour de la Terre. Les scientifiques de l'époque avaient créé toute une théorie qui expliquait bien leurs observations, à quelques petites exceptions près, mais de façon assez satisfaisante que ce fût accepté comme fait, comme vérité. Jusqu'à ce qu'un monsieur Galiléo arrive pour tout chambarder, et éventuellement, après sa mort, on lui donna raison.

Où même plus récemment, l'idée qu'un avion pouvait défoncer la vitesse du son, ou que quelqu'un pourrait, par exprès, utiliser ce même avion pour détruire un gratte-ciel, c'étaient des pensées inconcevables, jusqu'à ce que ce soit démontré.

Nous vivons une autre transformation, cette fois-ci dans les sciences économiques.

Lorsque j'étais au collège, la micro et la macro-économie étaient les deux seules cours que je coulais session après session, malgré mes forces en mathématiques et pensées conceptuelles.

Maintenant je comprends pourquoi: la base des sciences économiques repose sur l'étude de l'allocation optimale des ressources rares. Cela suppose qu'il y a une demande et un approvisionnement. La demande peut varier entre zéro et infini, mais selon l'économie classique, l'approvisionnement est toujours limité. Donc si la demande augmente, le prix augmente.

On voit ceci dans la comptabilité: on a des actifs et des passifs, et en fin de compte, les deux doivent s'égaler.

Mais quelque chose me disait que c'était faux? Comment expliquer la grande évolution de la richesse et de la prospérité dans le monde, malgré l'explosion de la population et le fait qu'il ne se fait pas plus de ressources naturelles? Penser au niveau de vie du Japon, riche, mais avec peu de ressources naturelles, comparé à la Russie (ou le Québec?), pauvre malgré l'abondance de ressources naturelles?

C'est parce que la plus grande variable dans la mesure de la prospérité n'est plus les ressources... c'est devenu la créativité et l'action.

P = (r * c)**A

La prospérité est le produit des ressources,
multipliée par la créativité,
et le tout à la puissance exponentielle de l'action.

Au lieu d'un groupe sélect qui produit de la richesse parce qu'ils ont le contrôle des ressources, maintenant la capacité de créer la prospérité est passée aux mains des individus. Nous pouvons - et devons - passer d'une mentalité de "consommateur" à celui de "créateur".

Pourquoi la "Loi de l'attraction" déclenche-t-elle de si grands débats? C'est parce que c'est la collision des deux mentalités, l'une, classique, qui voit la vie comme une "somme à zéro", et l'autre, nouvelle, qui voit la prospérité comme infinie?

La science économique classique ne mesure pas bien les concepts flous ("soft concepts") tels que la créativité et l'action ou la motivation. Et c'est justement deux ressources auxquelles nous avons le plus accès, lorsqu'on réussit à faire le saut de consommateur à créateur.

Quels sont les impacts d'une telle "loi unifiée de la prospérité"?

- Le concept de "part de marché" est démodé: la quantité et la nature de la demande sont en flux continu, car aussitôt qu'on aligne nos passions, nos désirs et nos besoins avec ceux des autres, par une offre gagnante gagnant qu'on peut livrer, on vient de créer une nouvelle demande. Pensez à l'ordinateur personnel, le télécopieur, l'iPod, les caméras dans les téléphones mobiles... c'étaient tous des produits dont il n'y avait pas de "demande" initiale, mais qu'une fois sortis, ont crées leur propre demande.

- Le concept de "la difficulté d'accès à l'argent" est dépassé: des millions de millions de dollars circulent à la vitesse de la lumière partout sur la planète, attirés par la passion des idées (penser au capital de risque dans la technologie à la fin des années 1990, ou aujourd'hui dans les domaines de la biotech ou de l'environnemental)

- Le concept de "plan d'affaires" classique est désuet: pour l'écrire on fait des suppositions qui s'avèrent dépassées ou carrément fausses le moment qu'on passe à l'action, ou le temps qu'on passe à l'écrire pour "prouver" notre concept, l'ouverture à l'action est passée...

C'est maintenant la primauté du lien de confiance, de l'espoir et du positivisme, de l'action audacieuse et de la rétroaction (feed-back) instantanée, de la recherche de la solution trois fois gagnante : gagnante pour soi, gagnante pour sa communauté et gagnante pour l'environnement.

L'usage de la force des armes est maintenant dépassé (yes Mister Harper and Mister Bush, I'm talking to you). C'est maintenant la force de l'imagination qui compte.

Le succès vient à ceux qui sont prêts à défier le status-quo, à se transformer pour être à la pointe des tendances, et même de mener les tendances. Tout peut changer en 90 jours.

Notre richesse collective ainsi que notre bien-être individuel n'est possible que par une réprogrammation des vieilles attitudes de la rareté et de la consommation, remplacée par une mentalité d'abondance et de créativité.

Les solutions aux défis auxquels nous faisons face ne viendront pas par des mesures évolutives, mais plutôt par un changement radical de perspective.

Malgré toutes les prévisions sombres à propos de l'environnement, l'économie, l'énergie ou la paix, je garde confiance que l'intelligence, la créativité et la passion de l'humain peut tout surmonter. Nous devons le faire pour l'avenir de nos enfants et de cette précieuse planète.


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