29 janvier 2007

Pensée du moment: "Les gens que j'aime le mieux..."

« Les gens que j'aime le mieux
sautent dans le travail, la tête la première,
sans s'attarder dans l'ombrage,
et nagent à coups sûrs, rapidement hors de vue.

J'aime les gens qui se harnachent, tel qu'un boeuf à un lourd chariot,
qui tirent comme le buffle, avec la patience massive,
qui s'acharnent dans la boue et dans le fumier pour faire avancer les choses,
qui font ce qui doit être fait, encore et encore.

Le travail du monde est commun comme de la boue.
Fait à la hâte, il salit les mains, s'effondrant en poussière.
Mais la chose de valeur, bien fait,
A une forme qui donne une satisfaction, propre et évidente.

Le pichet pleure pour de l'eau à porter
Et la personne, pour le travail qui est vrai. »

-- Marge Piercy
(1936- ) poète et activiste social
(lire le reste de la lettre ici)

25 janvier 2007

Qu'est-ce qui est vraiment important : QI ou QL?

La semaine dernière, Charles Murray, un chercheur social et l'auteur du livre "The Bell Curve: Intelligence and Class Structure in American Life" ("La distribution normale: l'intelligence et la structure de classe dans la société américaine"), a publié trois articles dans le "Wall Street Journal" sur l'importance de la protection et la promotion des membres de la société qui possède un QI (Quotient intellectuel) élevé (partie 1, partie 2, partie 3, tous les liens sont en anglais)

Sa thèse principale est: "Notre avenir dépend, d'une façon cruciale, de comment nous instruisons la génération suivante des enfants doués d'une intelligence exceptionnellement haute ."

Je peux reconnaître que notre système d'éducation doit faire de la place pour des enfants de haute QI - ou, comme je préfère le voir, les enfants allumés. Dans mes études secondaires ici à Québec au milieu des années 1970, les étudiants ont été groupés dans des programmes enrichis ou réguliers. J'étais dans le groupe enrichi, ce qui m'a donné plus d'occasions de découvrir et apprendre des choses que ceux du programme régulier n'auraient pas nécessairement couvert. J'étais aussi avec les camarades de classe qui ont aussi aimé apprendre. Quand mon frère le plus jeune a commencé ses études au secondaire, les distinctions "enrichi" ou "régulier" ont été supprimés dans une tentative "d'intégrer" la salle de classe. Mon impression c'est que cela a eu un effet négatif sur mon frère - bien que je croie qu'il est encore plus intelligent que moi, il a simplement perdu sa passion pour les études, parce qu'il y avait peu de défi pour lui dans cet environnement intégré.

Maintenant je me demande si j'ai obtenu du succès à l'école à cause de ma "haute intelligence" (je n'ai jamais été évalué ...), ou est-ce plutôt à cause de ma "haute motivation" ?

N'ayant pas lu le livre original de docteur Murray (qui semble être tout à fait controversé), j'ai lu les trois articles inscrits ci-dessus. L'objection principale que j'ai avec la prémisse du docteur Murray, consiste en ceci: si le talent ou l'intelligence étaient tout ce qu’il serait nécessaire pour réussir, pourquoi tant de gens autrement intelligents ne réussissent pas dans la vie?

Le développement de compétences analytiques ou pour fournir une base solide de connaissances, me semble ignorer l'observation que toute décision vient d'abord de l'émotion (l'inconscient), ensuite nous cherchons les données pour justifier notre décision (voir le poste précédent ici)

Toute l'intelligence ne peut pas causer des résultats à arriver, s'il n'y a aucune impulsion de se déplacer vers l'action. C'est la force du leadership : la capacité de changer son statu-quo en créant une nouvelle situation qui est une expression de ce "Qui Vous Êtes Vraiment".

Selon moi, le leadership est indépendant de l'intelligence, et est un produit du désir d'aller profondément en soi pour découvrir le "qui", "quoi" et "pourquoi" de la vie (sa mission, sa vision et ses permissions)

Voulons-nous une société menée par les sosies de M. Spock du Patrouille du Cosmos? Ou voulons-nous un avenir résultant de "gens ordinaires faisant des choses extraordinaires" ?

Le quotient intellectuel mesure la capacité d'assimiler et d'utiliser l'information. Mais le quotient intellectuel est simplement un outil... vers quel but? En développant son "QL" (le Quotient de Leadership), ancré par la mission, la vision et la permission, on fournit ainsi le contexte pour mettre le quotient intellectuel à l'oeuvre.

Une manifestation intéressante de la puissance de QL sur le quotient intellectuel est ici (en anglais). L'auteur de l'article, Seth Roberts, ne l'appelle pas ainsi, mais pour moi c'est évident qu'une fois qu'une personne trouve sa passion, et découvre une façon d'exprimer Qui Elle Est Vraiment, alors sa productivité, sa capacité de focusser et le résultat qu'elle crée, démontre qu'une personne est beaucoup plus que son "QI".

24 janvier 2007

Veulent-ils vraiment un cheval plus rapide ?

Lu dans un article dans la section affaires du Globe and Mail d'aujourd'hui :

"Rarement sont résolus les défis épiques par la sagesse conventionnelle - un fait qui rappelle les mots de Henry Ford, un innovateur radical, qui dit que s'il avait donné aux gens ce qu'ils voulaient, il leur aurait donné des chevaux plus rapides."

- Neil Reynolds "Let's avoid ethanol's 'bridge to nowhere'"
The Globe and Mail, mercredi 24 jan 07, page B2
Lien vers l'article en anglais (abonnement ou paiement exigé)

Pourquoi ce passage m'a sauté aux yeux, c'est qu'en cet âge de l'évolution rapide, les entrepreneurs qui réussissent vraiment sont ceux qui sont un pas en avance de ce que les gens veulent, se plaçant de façon à satisfaire non seulement leurs besoins, mais leurs vrais désirs.

Comment le faire ?

D'abord en posant la question : "Que voulez-vous ?"
Puis passant à la question qui suite: "Si vous aviez [ce que vous voulez], comment la vie changerait-elle pour vous ?"

Arrêtez de fournir aux gens des chevaux plus rapides, et commencez par satisfaire leurs vrais désirs.

C'est l'art de savoir écouter "la réponse derrière la réponse" .

9 janvier 2007

Le courage est rarement impulsif

Le courage, contrairement à l'avis commun, est rarement impulsif. Il requiert autant la préparation que la considération, prenant parfois des secondes, parfois des années avant d'agir. Le vrai courage ne vient pas d'un impudent qui agit contre le grain, jumelé avec une réticence stridente à l'apprentissage. C'est plutôt un calcul éduqué des probabilités, renforcé par de la préparation exceptionnelle, visant à réaliser un but fortement saillant et admirable.
-- Kathleen Reardon
Lire son article, "Courage As A Skill" (Le courage comme compétence) dans le numéro de janvier 2007 de l'Harvard Business Review (en anglais)

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2 janvier 2007

La liberté de choisir - Illusion ou réalité ?

Un article intéressant dans le New-York Times discute de la nature du libre-choix, alors que l'auteur est confronté avec le choix de prendre (ou non) un morceau de gâteau au chocolat pour le dessert...

Les expériences montrent que nous avons tendance d'abord à poser un geste guidé par notre subconscient, puis notre esprit conscient crée un raisonnement pour le justifier. Nous agissons sur notre forte envie, ensuite nous composons des histoires pour nous rassurer que nous sommes en contrôle de nos actions.

Cependant, si nous avons voulu que notre esprit conscient ait pris une décision avant que nous n'agissions, imaginez la "paralysie d'analyse" pendant que le cerveau conscient essaye de calculer les millions de possibilités.

Je crois que nos actions subconscientes peuvent être guidées, par l'intégration d'une programmation forte, comme un code moral (les dix commandements), ou ce que j'enseigne avec "la Mission - la Vision - la Permission" (Qui suis-je ? Qu'est-ce que je veux? Pourquoi je le veux?).

Cela fournit une cohérence, un ordre, une sorte de déterminisme, qui simplifient et clarifient l'envie "inconsciente" d'agir. Cela assure aussi que mes actions subconscientes mènent vers une expérience suprême de vie que je choisis. Ainsi, le "libre-choix", par ce raisonnement, provient plus de la création délibérée d'une structure d'action pour consciemment être dans le moment au lieu d'essayer de calculer chaque décision de façon indépendante.

Mais d'autre part, qu'est-ce qui détermine la Mission ou Vision spécifique qui nous attire? Pouvons-nous vraiment vivre une vie consciente, déterministe? Avons-nous vraiment la liberté de choisir?

Peut-être il y a une certaine vérité dans l'idée islamique de "Insh'allah" (S'il plaît à Dieu)

Voir l'article de "New-York Times" ici (en anglais)
http://www.nytimes.com/2007/01/02/science/02free.html

(version originale anglaise ici)

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