25 janvier 2007

Qu'est-ce qui est vraiment important : QI ou QL?

La semaine dernière, Charles Murray, un chercheur social et l'auteur du livre "The Bell Curve: Intelligence and Class Structure in American Life" ("La distribution normale: l'intelligence et la structure de classe dans la société américaine"), a publié trois articles dans le "Wall Street Journal" sur l'importance de la protection et la promotion des membres de la société qui possède un QI (Quotient intellectuel) élevé (partie 1, partie 2, partie 3, tous les liens sont en anglais)

Sa thèse principale est: "Notre avenir dépend, d'une façon cruciale, de comment nous instruisons la génération suivante des enfants doués d'une intelligence exceptionnellement haute ."

Je peux reconnaître que notre système d'éducation doit faire de la place pour des enfants de haute QI - ou, comme je préfère le voir, les enfants allumés. Dans mes études secondaires ici à Québec au milieu des années 1970, les étudiants ont été groupés dans des programmes enrichis ou réguliers. J'étais dans le groupe enrichi, ce qui m'a donné plus d'occasions de découvrir et apprendre des choses que ceux du programme régulier n'auraient pas nécessairement couvert. J'étais aussi avec les camarades de classe qui ont aussi aimé apprendre. Quand mon frère le plus jeune a commencé ses études au secondaire, les distinctions "enrichi" ou "régulier" ont été supprimés dans une tentative "d'intégrer" la salle de classe. Mon impression c'est que cela a eu un effet négatif sur mon frère - bien que je croie qu'il est encore plus intelligent que moi, il a simplement perdu sa passion pour les études, parce qu'il y avait peu de défi pour lui dans cet environnement intégré.

Maintenant je me demande si j'ai obtenu du succès à l'école à cause de ma "haute intelligence" (je n'ai jamais été évalué ...), ou est-ce plutôt à cause de ma "haute motivation" ?

N'ayant pas lu le livre original de docteur Murray (qui semble être tout à fait controversé), j'ai lu les trois articles inscrits ci-dessus. L'objection principale que j'ai avec la prémisse du docteur Murray, consiste en ceci: si le talent ou l'intelligence étaient tout ce qu’il serait nécessaire pour réussir, pourquoi tant de gens autrement intelligents ne réussissent pas dans la vie?

Le développement de compétences analytiques ou pour fournir une base solide de connaissances, me semble ignorer l'observation que toute décision vient d'abord de l'émotion (l'inconscient), ensuite nous cherchons les données pour justifier notre décision (voir le poste précédent ici)

Toute l'intelligence ne peut pas causer des résultats à arriver, s'il n'y a aucune impulsion de se déplacer vers l'action. C'est la force du leadership : la capacité de changer son statu-quo en créant une nouvelle situation qui est une expression de ce "Qui Vous Êtes Vraiment".

Selon moi, le leadership est indépendant de l'intelligence, et est un produit du désir d'aller profondément en soi pour découvrir le "qui", "quoi" et "pourquoi" de la vie (sa mission, sa vision et ses permissions)

Voulons-nous une société menée par les sosies de M. Spock du Patrouille du Cosmos? Ou voulons-nous un avenir résultant de "gens ordinaires faisant des choses extraordinaires" ?

Le quotient intellectuel mesure la capacité d'assimiler et d'utiliser l'information. Mais le quotient intellectuel est simplement un outil... vers quel but? En développant son "QL" (le Quotient de Leadership), ancré par la mission, la vision et la permission, on fournit ainsi le contexte pour mettre le quotient intellectuel à l'oeuvre.

Une manifestation intéressante de la puissance de QL sur le quotient intellectuel est ici (en anglais). L'auteur de l'article, Seth Roberts, ne l'appelle pas ainsi, mais pour moi c'est évident qu'une fois qu'une personne trouve sa passion, et découvre une façon d'exprimer Qui Elle Est Vraiment, alors sa productivité, sa capacité de focusser et le résultat qu'elle crée, démontre qu'une personne est beaucoup plus que son "QI".